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Prendre soin de son ventre

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Les médecines holistiques et naturelles ont toujours donné une place primordiale et choyée au ventre. Par exemple, dans la médecine ayurvédique indienne, le « feu digestif » (Agni) est la condition de base d’une bonne santé générale. Il aura fallu quelques centaines d’années et de nombreuses études scientifiques poussées pour que la science rejoigne cette prise de conscience.

 

 

 

En 1998, le Dr. Michael Gershon, professeur d’anatomie et de biologie cellulaire, publie « Le second cerveau ». Ce livre célèbre amorce une toute nouvelle approche de notre système digestif. Il montre, que le ventre est un second cerveau, connecté directement au cerveau encéphale (le « premier cerveau »), dont il est complémentaire.

Pour prendre soin de son ventre, au-delà de votre alimentation, je vous propose dans cet article une approche plus subtile et manuelle : la respiration et les massages. Ces deux techniques sont des alliés puissants et si agréables à développer, dont vous pourrez toujours bénéficier et qui vous aideront précieusement à prendre soin de votre ventre.



LE SECOND CERVEAU, C’EST-À-DIRE ?
Pour vous donner des exemples concrets de l’importance et de la puissance de votre système digestif, voici quelques informations :

--> Le ventre est bel et bien un second cerveau, autant d’un point de vue de la structure que de la neurochimie. Il est connecté directement au cerveau, dont il est complémentaire.

--> Le ventre produit, à travers l’intestin, entre 70 et 85% des cellules immunitaires de l’organisme ! Ces cellules immunitaires garantissent la vie, la bonne santé et la protection contre les maladies.

--> Le cerveau et le ventre sont directement reliés par le nerf vague, qui leur permet de communiquer constamment et réciproquement. Par exemple, le ventre serait également capable de ressentir des sensations gustatives !

--> Le cerveau intestinal serait « capable de se souvenir, il participerait à la phase des rêves pendant le sommeil en produisant la sérotonine et constituerait la matrice biologique de l’inconscient ».

--> Un exemple fascinant et si important : le ventre abrite un réseau complexe de neurotransmetteurs (ou neuromédiateurs) et de molécules identiques à celles du « premier » cerveau. Auparavant, seul le cerveau était considéré comme capable de produire des neurotransmetteurs.

Que fait concrètement un neurotransmetteur ? C’est une molécule qui permet la transmission de messages d’un neurone à un autre. L’image du cerveau pensant qui enverrait des messages au corps tout entier et  dirigerait son fonctionnement est, de loin, très erronée. Les nombreuses études scientifiques nous permettent de réaliser que notre corps tout entier a la capacité de « penser » et de transmettre ces messages. Quoi qu’il se passe dans votre tête, cela se passe également dans votre corps, et vice versa. Bref, si vous voulez donner un sens plus profond à cette information scientifique, cela veut dire que chaque cellule de votre corps baigne dans une conscience globale et interconnectée.
Parmi ces nombreuses molécules « messagères » que le ventre peut produire, on trouve entre autres : la sérotonine (un « antidépresseur »), la mélatonine (qui régule le sommeil), l’épinéphrine ou les nétrines.
Le Dr. Gershon est forcé de conclure : « Nos deux cerveaux, celui de notre tête et celui de notre ventre, doivent coopérer. Si ce n’est pas le cas, il y aura chaos dans le ventre et misère dans notre tête. »
Comment les faire coopérer ? Passons aux outils pratiques !

LA RESPIRATION ABDOMINALE
La plupart d’entre nous ne respirent qu’à moitié. A moitié, qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Nous respirons, un point c’est tout, me direz-vous. Sous la pression de la société, des tensions et des normes esthétiques, nous avons perdu la respiration naturelle de notre petite enfance. Souvenez-vous : jusqu’à l’âge de deux ans environ, nous remplissions d’air nos poumons ET notre ventre, au même temps. Et nous les vidions, instinctivement, de la même façon.

Cette respiration naturelle est appelée la respiration abdominale. Nous l’appelons également la « respiration yogique complète » car elle est un des fondements de la pratique du yoga, depuis des millénaires. C’est la respiration la plus complète et la plus bénéfique qui soit, et elle fait naturellement partie de nous. En entrant dans un monde fait de rapidité, de stress, de peur, notre respiration naturelle et spontanée, qui est souple et qui est longue, a laissé sa place à une respiration beaucoup plus rapide, contrôlée et qui ne fait appel qu’aux poumons et aux bronches. La quantité d’air qu’on fait pénétrer d’organisme diminue de moitié ! Cette tendance est largement renforcée par l’imposante norme esthétique du « ventre plat ». A une époque où le ventre doit être aussi lisse et plat que possible, laisser son ventre se gonfler librement à l’inspiration, est une liberté que peu d’entre nous s’autorisent. Pourtant, en respirant à la moitié de notre potentiel et de nos besoins, plusieurs déséquilibres s’installent :
* Notre ventre ne reçoit pas l’oxygène vital qui lui est naturellement destiné et les dysfonctionnements se multiplient : colites, constipation, spasmes, problèmes d’assimilation et d’élimination, etc. Ces troubles entraînent fatigue, prise de poids, irritabilité, insomnie, allergies, etc.
* Nous coupons la communication entre notre second cerveau (le ventre) et le cerveau supérieur. Cette rupture, lorsque l’on comprend l’importance de notre système digestif, annonce le début de nombreux problèmes et dérèglements physiques.


Comment pratiquer la respiration abdominale ?
Avant toute chose, vous devez changer votre perception concernant la respiration. Alors que d’habitude, nous imaginons remplir nos poumons d’air frais, il faut désormais vous persuader que c’est votre ventre qui respire et qui absorbe l’oxygène précieux que vous lui apportez. Ce changement de perspective vous aidera à pratiquer la méthode, très simple, de la respiration abdominale.

Deuxième prise de conscience : libérez votre diaphragme. Le diaphragme est un muscle très puissant qui dans au rythme de votre respiration. A l’inspiration, il descend de votre cœur vers le bas de votre ventre (c’est une image) et à l’expiration, il remonte dans le sens inverse. Gardez cette image en tête pour vous aider à restaurer une respiration complète. Ce va et vient peut être très court (si vous respirez de façon incomplète) ou extrêmement ample si vous pratiquez la respiration abdominale.

Entrainez-vous à respirer de façon plus lente, plus profonde et plus complète: en jouant sur l’amplitude du mouvement de votre diaphragme, vous y arriverez.

A l’inspiration : alors que l’air rentre dans vos narines, imaginez qu’il se dirige directement vers votre ventre. Gonflez votre ventre en conséquence et sentez comment votre diaphragme descend très bas. Vous pouvez également imaginer que, le diaphragme descendant vers le bas, il n’y a plus de place pour le ventre et que celui est obligé d’être poussé vers l’extérieur : votre ventre se gonfle. Avec ce qu’il vous reste d’inspiration, soulevez également légèrement vos poumons.

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Au début, lorsque vous gonflerez le ventre, vous aurez du mal à gonfler vos poumons juste après. Vous aurez l’impression de manquer d’air. C’est normal, vous vous réhabituez doucement à respirer, au même temps, avec le ventre puis les poumons. Gardez en tête, de respirer d’abord avec votre ventre, puis de rajouter la quantité d’air qu’il vous reste dans vos poumons.

A l’expiration : dégonflez premièrement votre ventre, en visualisant à nouveau que le diaphragme quitte le bas du ventre et lui laisse toute la place pour revenir à sa forme habituelle. Puis en remontant, le diaphragme libère dans un deuxième temps, l’air présent dans les poumons.

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Pendant la phase d’apprentissage de cette respiration, le fait de pratiquer cet exercice allongé, amplifiera les sensations et l’habitude. A la suite, vous pourrez la pratiquer à tout moment, debout, assise, en marchant, etc. Bien sûr, même si cette respiration deviendra accessible elle n’en sera pas pour autant naturelle. De nombreuses années passées à respirer uniquement avec les poumons laissent une habitude automatique. Mais dès que vous y penserez, dès que vous aurez quelques secondes ou quelques minutes à vous, vous pourrez vous mettre à respirer très profondément et avec votre ventre. Puis, avec le temps, vous retrouverez votre respiration instinctive.

Quelles conséquences ?
Un exercice aussi simple offre pourtant des cadeaux très puissants :
- Cette respiration exerce un massage naturel sur la vésicule, le foie, le pancréas, la rate et les intestins.

- Elle favorise également les précieuses fonctions d’assimilation et d’élimination de notre système digestif.

- Elle stimule la communication entre les deux cerveaux ce qui assure une harmonie et un bien être perceptible très rapidement : il suffit d’une seconde et demie d’inspiration supplémentaire pour que le premier cerveau augmente sa production d’endorphines, nous permettant de ressentir une sensation de bonheur et de mieux lutter contre le stress environnant.
- Cette respiration vous détendra instantanément et elle peut même être un exercice de relaxation des plus agréables.
Si vous pratiquez cette respiration une cinquantaine de fois dans la journée, en termes d’oxygénation et de circulation sanguine, cela équivaut à une dizaine de kilomètres de marche à pied.


LES AUTOMASSAGES
L’auto-massage est un geste très naturel quasi-instinctif et facile à faire. En massant vous-même votre ventre, vous agirez directement sur son bien-être mais aussi sur le premier cerveau ! N’est-ce pas pratique ?

Voici un schéma qui vous montre l’emplacement des principales zones que vous pouvez masser.

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Quelques conseils:

En massant l’estomac, vous agirez sur la concentration.

Le gros intestin, vous aidera à renforcer votre résistance aux émotions.

La zone de la rate aide à combattre dépression et fatigue.

Le foie et la vésicule biliaire, cela vous aidera à chasser l’anxiété.

Comment masser ?
Massez-vous en dehors des temps de digestion, et si possible, en position couchée ou assise.

Vous pouvez vous masser avec une approche très calmante et apaisante. En effleurant, du bout des doigts, votre ventre et les zones qui vous paraissent douloureuses ou que vous savez problématiques.

Une technique plus active est celle du massage des pressions. Mettez vos mains à plat sur votre ventre. Inspirez, gonflez le ventre comme lors d’une respiration abdominale, et plaquez vos mains sur votre ventre comme si vous vouliez empêcher votre ventre de gonfler. Pendant l’expiration, enfoncez vos mains au maximum tout en rentrant votre ventre. Accompagnez ce mouvement de pressions et de légers relâchements. Vous pouvez aussi, lorsque vos mains sont posées sur le ventre, accompagner les pressions de vibrations. A vous de développer les sensations et les perceptions nécessaires pour créer un réel échange avec votre ventre pendant le massage.

Malaxer et pétrir : saisissez votre peau dans vos mains (ou entre le pouce et les doigts) et pétrissez cette peau comme si c’était une pâte à tarte ! Essayez de garder vos doigts et vos paumes en contact maximum avec votre ventre. Ce massage peut être très doux ou beaucoup plus énergique.

Dans le cas d’un massage plus énergique, faites évoluer cette technique vers le fameux « pincé-roulé ». Cette technique vous permettra de détecter des points plus précis correspondant à des organes ou des glandes. S’ils sont douloureux, c’est un message de déséquilibre dans la partie du corps concerné. De quoi vous donner l’assurance que votre ventre est vivant et que vous avez, entre vos mains, la capacité de le soulager voire de le guérir!

 

(article extrait du "Palais Savant")

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