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L'huile de palme.

huile_palme_1.jpg On entend tellement tout et n'importe quoi au sujet de l'huile de palme, qu'il devient difficile d'avoir un avis objectif sur ce sujet qui suscite la controverse à bien des égards... Je vous propose de regarder les faits, pour démêler tout ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le palmier à huile, dont on extrait huile de palme et huile de palmiste, est originaire d’Afrique de l’Ouest et se cultive désormais à grande échelle, de l’Amérique latine jusqu’en Asie du Sud-Est en passant par le continent africain. Certains voient dans cette plante un formidable outil de développement des pays de la ceinture tropicale, d’autres un fléau tant environnemental que social. Certains ne tarissent pas d’éloges sur les bienfaits de ces huiles, d’autres les décrient et les accusent de provoquer diverses maladies, cardio-vasculaires notamment. Qu'en est-il?

En 2012, le sénateur Yves Daubigny provoque un tollé chez les producteurs et les utilisateurs de l'huile de palme avec sa proposition de "l'amendement Nutella", visant à augmenter de 300% la taxe sur l'huile de palme dans le cadre du finanacement de la sécurité sociale. La riposte des lobbies pro-palme ne se fait pas attendre et voit fleurir de vastes campagnes de communication visant à réhabiliter ce produit, n'hésitant pas à recourir à la désinformation et à l'intimidation (diverses assignations en justice pour diffamation ont été prononcées à l'encontre de journalistes et medias français suite de la diffusion de reportages ou d'articles mettant en cause certains groupe industriels et leurs pratiques).

Au delà de cet écran de fumé médiatico-lobbyiste, la réalité, complexe, demeure.

La question de la déforestation:

Le site internet dédié à l'huile de palmedeforestation_1.jpg durable assure que les plantations se font dans le respect de la biodiversité et la valorisation de la population locale. Si des initiatives encourageantes vont en effet dans ce sens (les associations TFT et Greenpeace mettent en place des systèmes de cultures durables, tant sur le plan environnemental que social, avec des critères bien plus stricts que ceux, beaucoup trop laxistes, de la RSPO- la Table Ronde pour l'Huile de Palme Durable), ailleurs le désastre continue. Des paysages, autrefois d'une grande richesse en matière de biodiversité, sont aujourd'hui couverts de palmiers à huile à perte de vue. Pour planter, on brûle des hectares et des hectares de forêt, notamment en Indonésie et au Brésil, et la déforestation s'intensifie à toute vitesse. Elle entraîne la disparition d'espèces animales commes les grands singes, les gorilles, les éléphants, dont la forêt constitue l'habitat. Privés de nourriture, ils s'aventurent dans les plantations pour se nourrir et sont, bien souvent, abattus froidement.

Mais la déforestation instensifie aussi le réchauffement climatique et la sécheresse. En effet, la forêt est constituée de plusieurs couches, formées par différents niveaux de végétation: la végétation herbacée du sol, et les différents niveaux d'arbres et d'arbustes. Ces différentes strates jouent le rôle d'écran entre l'atmosphère à l'intérieur de la forêt et celle au-dessus, ce qui entraîne la création d'un cimat plus stable, plus humide sous les arbres, comparativement au climat d'une région ouverte, commes les champs, les pâturages, ou les plantations de palmiers à huile. Ce microclimat à l'intérieur de la forêt favorise la présence d'une faune et d'une flore très riches et très diversifiées. La forêt diminue également la production de gaz à effet de serre, en absorbant un tiers des émissions de CO2.

Lorsque l'on brûle une forêt pour planter des palmiers à huile, les échanges entre le sol et l'atmosphère sont profondément modifiés. La rapidité d'évaporation de l'eau et la réflexion des rayons du soleil par le sol augmentent considérablement, modifiant le climat et favorisant la sécheresse. En outre, la monoculture de palmiers à huile pollue et appauvrit les sols et, par conséquent, les populations locales.

Par ailleurs, certaines plantations, avec l’accord des gouvernements, souvent corrompus, n’hésitent pas priver les populations autochtones de leurs droits fonciers pour céder de nouvelles concessions, et les conditions de travail au sein même des plantations, qui usent et abusent de la sous-traitance, ont été maintes fois décriées. Et trop souvent, cette culture qui rime pour certains avec développement, traîne en réalité dans son sillage une accentuation de la paupérisation.

La question de la santé:Biscuit_1.jpg

Sous sa forme brute, obtenue après pression à chaud de la chair des fruits du palmier à huile, l'huile de palme est plutôt une huile de bonne qualité nutritionnelle. Elle est de couleur rouge, parfumée, et contient environ 50% d'acides gras saturés, 40% d'acides gras mono-insaturés, 10% d'acides gras poly-insaturés, de la vitamine A en grande quantité et de la vitamine E. L'huile de palme non raffinée est utilisée dans des plats traditionnel en Afrique, au Brésil, en Indonésie, mais le problème est qu'elle est introuvable dans le commerce à l'état brut. Elle n'est donc jamais consommée sous cette forme chez nous.

Avant d'arriver entre les mains de l'industrie agro-alimentaire, l'huile de palme est raffinée, décolorée et désodorisée à haute température. Elle est ensuite fluidifiée avec de l'eau chaude, puis clarifiée et réduite par chauffage. Mais le gros du traitement a lieu lorsque l'huile arrive chez les industriels. On la fractionne, pour obtenir une fraction liquide, l'oléine de palme, et une fraction solide, la stéarine de palme.

- la stéarine de palme est employée pour faire des margarines non hydrogénées, des chocolats, des pâtes à tartiner, des viennoiseries etc... Cette huile solide contient 70% d'acide gras saturés, soit beaucoup plus que l'huile de palme brute.

- l'oléine de palme, quant à elle, est hydrogénée pour la rendre solide à température ambiante. Cette hydrogénation (on ajoute des molécules d'hydrogène pour a stabiliser) crée des acides gras trans, responsables de l'augmentation du risque cardio-vasculaire lorsque consommés en trop grande quantité. Or c'est la forme la plus largement consommée, surtout par les amateurs de produits transformés, qui souvent, sans le savoir, peuvent ingurgiter jusqu'à 300 g d'huile de palme par mois, ce qui est énorme.

L'huile de palme est une aubaine pour les industriles grâce à son faible coût, sa stabilité, et sa texture. Par conséquent ils en usent et en abusent dans tous les produits transformés: biscuits, barres chocolatées, céréales, plats préaprés, frites, viennoiseries etc...

Comment l'éviter?savon_de_marseille_1.jpg

- scrutez les étiquettes à la recherche de la mention "huile de palme, graisse palmiste, oléine ou stéarine de palme..", mais aussi "graisses végétales" sans autre précision.

- adoptez autant que possible des produits non transformés, jetez votre margarine et n'en achetez plus. (voir mon article sur les graisses à consommer)

- attention à la mention "sans huile de palme": l'huile de palme faisant polémique, les industriels la remplacent parfois par de l'huile de colza, qui ne doit en aucun cas être chauffée, ce dont les industriels ne tiennent évidemment pas compte. C'est donc une aberration de voir des huiles de friture, des viennoiseries, des bscuits et autres contenant de l'huile de colza!

- préférez un savon artisanal plutôt qu'un gel douche (savon de Marseille, d'Alep ou savon noir)

- les produits d'entretien contiennent également de l'huile de palme. Basculez sur le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude, le savon noir...

En 2011, un étudiant a fait le pari de vivre un an sans consommer d'huile de palme. Vous pouvez lire l'article ici.

Vous pouvez également visiter son blog.

 

Et les produits bio?

Si l'huile de palme bio est préférable à son homologue non-bio, principalement en raison des méthodes de culture plus respectueuses de l'environnement, elle n'est pas pour autant recommandable, car elle est également hautement transformée. Par ailleurs, ce n'est pas parce qu'elle est bio qu'elle est automatiquement équitable en matière de traitement et de rétribution des paysans. Il y a quelques années, des paysans colombiens ont été expropriésde leurs terre par des milices paramilitaires pour y planter des palmiers à huile de culture biologique.

Restez en éveil, et faites des choix responsables, pour votre santé et celle de la planète!

 

 

 

Articles complémentaires:

Huile de palme: démêler le vrai du faux.

Palme Bitch, émission de France Inter

 

Sources: articles d'Emmanuelle Grundmann et de Murielle Toussaint.

 

 

 

 

 

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